Marilou Alarie répond au sénateur Massicotte

16 Juin

Au cours des dernières semaines, via trois publi-reportages publiés dans le journal local de la ville de Saint-Bruno-de-Montarville, Propriétés Sommet Prestige Inc, le promoteur derrière le projet immobilier imaginé dans la forêt des Hirondelles, a tenté de convaincre les Montarvillois que « depuis des années, des informations , souvent fausses, circulent sur le projet La Futaie ».FullSizeRender

Aussi étonnant que cela puisse paraître, selon le sénateur Paul J. Massicotte, principal actionnaire de Sommet Prestige Inc. et propriétaire du terrain, les trois affirmations suivantes seraient fausses :

1 : Le projet résidentiel ne peut que détruire ce riche boisé.

2 : Le promoteur dégrade un milieu naturel.

3 : Le propriétaire ne respecte pas les règles.

Dans ses publi-reportages, le promoteur se garde cependant bien de partager l’avis d’assujettissement qu’il a reçu en juillet 2015 de la part du ministère du Développement durable de l’Environnement et de la Lutte aux Changements climatiques, un avis qui confirme ce que les défenseurs de la forêt des Hirondelles soutiennent depuis plusieurs années.

Voici quelques articles de l’avis signé par le ministre de l’environnement M. David Heurtel:

Art. 62 : Le déboisement ou l’élagage; l’arrachage ou le décapage de la majeure partie du couvert végétal et le remaniement du sol (creusage, déblais, remblais, enfouissement, nivellement) représentent des modifications majeures qui risquent d’affecter les paramètres écologiques du milieu naturel visé.

Art. 67 : L’intervention projetée modifierait de façon importante la configuration des lieux et de ce fait le patron d’écoulement de l’eau dans le sol ainsi que les conditions actuelles de drainage.

Art. 68 : Les différentes travaux requis pour réaliser l’intervention projetée (déboisement, excavation, nivèlement terrassement et construction d’un chemin) apporteraient des changements significatifs au terrain. 

Art.78 : En somme, l’intervention projetée risque de sévèrement dégrader un milieu naturel qui se distingue par le fait que ses caractéristiques favorisent la survie du ginseng à cinq folioles, une caractéristique biophysique rare et d’intérêt exceptionnel .

Quant au respect des règles par le propriétaire, en plus de bafouer celle de l’acceptabilité sociale, le projet immobilier de M. Massicotte est un affront direct au PMAD, le Plan métropolitain d’aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal qui fût entériné par le gouvernement du Québec en juin 2012. Selon le PMAD, le projet immobilier du sénateur est l’exemple parfait de ce qu’on ne doit plus faire en terme de développement urbain aujourd’hui au Québec. 

La destruction de l’écosystème de la forêt des Hirondelles par son propriétaire contrevient également à l’article 16 de la Loi québécoise sur les espèces menacées et vulnérables. Une loi que nous nous sommes collectivement donnés pour protéger la biodiversité du Québec.

Enfin, s’il y a une règle à respecter lorsqu’on tente de défendre l’indéfendable à travers des publi-reportages, c’est celle d’exposer l’ensemble des faits, ce que Propriétés Sommet-Prestige Inc. n’a pas cru bon faire.

Marilou Alarie, conseillère municipale, Saint-Bruno-de-Montarville

 

 

Ensemble pour la forêt des Hirondelles!

16 Mai

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Un grand rassemblement citoyen prévu le 15 mai prochain

5 Mai

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Le boisé des Vautours

28 Avr

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28 avril 2016, Courrier du Sud

En ce beau dimanche frisquet et ensoleillé du 24 avril, surlendemain du Jour de la Terre, je me sens doublement interpellé par le saccage projeté – et presque imminent – du joyau naturel qu’est le boisé des Hirondelles, à Saint-Bruno-de-Montarville.

Construction de trente maisons de luxe réparties sur une superficie équivalente à neuf terrains de football, voilà « le beau projet » que, depuis quelques années déjà, brûle de réaliser un promoteur qui voit grand. Le problème, c’est l’emplacement choisi par notre fier entrepreneur, M. Paul J. Massicotte, qui, tiens donc, se trouve être sénateur (l’idée d’y voir un quelconque lien de cause à effet pourra paraître outrancière, mais, allez savoir pourquoi, elle nous vient spontanément). L’endroit en question, je viens tout juste d’en parler : le boisé des Hirondelles, véritable écrin recelant une flore unique et menacée, donc à préserver à tout prix, d’après ceux qui « savent », c’est-à-dire les biologistes!

Même sans être un fana fini de la cause environnementale, comment ne point mesurer toute l’ironie de la situation? À l’heure où l’on ne parle que de « sauver la planète », ne voilà-t-il pas que le ministre de l’Environnement, M. David Heurtel, donnerait son aval à un projet allant à l’encontre de toutes les préoccupations actuelles en matière de conservation des milieux naturels reconnus rares et précieux!

Tenez, c’est comme pour les milieux humides sur la Rive-Sud et ailleurs autour de Montréal. Ces fameux milieux humides, pourtant jugés essentiels dans la régulation du climat, continuent d’être ravagés impunément par les « développeurs » à tout crin. En effet, on ne compte plus le nombre de kilomètres carrés irréversiblement asséchés par suite d’un « morcellement domiciliaire raisonné », stratégie censée donner l’illusion d’un souci de préservation. Un p’tit bout par-ci, un autre p’tit bout par-là, et la première chose que l’on sait : hon! y’a plus de milieu humide!

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Là où le commun des mortels un tant soit peu conscientisé voit des espaces verts à sauvegarder, le promoteur « normal », lui, entrevoit des billets verts à engranger. Ce que ça me dit, tout ça : bien davantage que les groupes citoyens, les lobbies ont l’oreille du gouvernement Couillard. Faut croire que « la grosse argent », ça parle pas mal plus fort que le gros bon sens…

Dans ces conditions, comment s’étonner qu’un sanctuaire naturel tel que le boisé des Hirondelles puisse se voir envahir par des… vautours?

Jean-Paul Lanouette

Un boisé des Hirondelles jusqu’à quand?

27 Avr

27 avril Frederik Khalkhal, Journal Les Versants

Le schéma d’aménagement de l’agglomération de Longueuil a été adopté aujourd’hui en séance extraordinaire du conseil de l’agglomération de Longueuil.

Seul Martin Murray, le maire de Saint-Bruno a voté contre, n’acceptant pas que ce schéma ne caractérise pas le boisé des Hirondelles comme un espace naturel protégé de manière permanente. M. Murray espère maintenant que le ministre de l’Environnement « prendra ses responsabilités » pour donner une protection définitive au boisé. « C’est lui qui aura le dernier mot », précise-t-il. Marilou Alarie, conseillère de Saint-Bruno, responsable à l’urbanisme, se veut confiante. « On est en train de tester nos lois au Québec. Si on n’est pas capable de les respecter alors il ne reste plus qu’à les déchirer. » En effet, le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a officiellement exigé que le projet domiciliaire La Futaie, projet du sénateur Paul J. Massicotte dans le bois des Hirondelles, soit soumis à l’article 19 de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel. La mesure vise à protéger une plante rare menacée de disparition, le ginseng à cinq folioles.

« On est en train de tester nos lois au Québec. Si on n’est pas capable de les respecter alors il ne reste plus qu’à les déchirer. » -Marilou Alarie

Pour Caroline St-Hilaire, qui n’a pas souhaité répondre aux questions des journalistes après la séance, la consigne avait aussi été donnée à l’ensemble des élus de la Ville de Longueuil, « le boisé des Hirondelles est protégé tant et aussi longtemps que la Ville de Saint-Bruno n’aura pas statué localement sur sa protection définitive. Je me demande encore pourquoi Saint-Bruno ne souhaite pas tout simplement protéger cet espace pour sa communauté. Je me pose encore la question », a indiqué Mme St-Hilaire à son micro lors de son intervention au conseil.

Le boisé des Hirondelles à l’assemblée nationale

27 Avr

27 avril 2016

Par Frédéric Khalkhal, Journal Les Versants

Mathieu Traversy a interrogé le ministre David Heurtel à l’Assemblée nationale sur le boisé des Hirondelles. Une question dont débattra aujourd’hui l’agglomération de Longueuil.

Une séance extraordinaire du conseil d’agglomération de la Ville de Longueuil est convoquée aujourd’hui par la mairesse de la Ville de Longueuil, Caroline St-Hilaire, à 15 h, dans la salle du conseil de l’hôtel de ville de Longueuil. L’ordre du jour consistera à adopter le Schéma d’aménagement et de développement de l’agglomération de Longueuil et assurer notamment sa conformité aux dispositions du Plan métropolitain d’aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal.

L’objet de cette séance extraordinaire provient d’une opposition farouche de Saint-Bruno-de-Montarville à une modification de dernière minute dans les termes utilisés par Longueuil pour la protection du boisé des Hirondelles. Alors que Longueuil prévoyait dans un premier temps de protéger de manière définitive le milieu naturel, un boisé où le promoteur et sénateur Paul J. Massicotte envisage de construire un projet domiciliaire contenant des espèces végétales protégées, l’agglomération a finalement décidé de laisser cette tâche à la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville. En procédant de la sorte, l’agglomération ne s’exposerait plus aux poursuites éventuelles du promoteur et lui laisse entrevoir un espoir de mener à terme son projet. Mme St-Hilaire demande à Saint-Bruno-de-Montarville de prendre ses responsabilités à cet égard.

« Le ministre est en train de défendre un projet libéral indéfendable. » – Mathieu Traversy

Question à l’Assemblée nationale

Lors de la séance de l’Assemblée nationale mardi, Mathieu Traversy, porte-parole du Parti québécois en matière d’environnement, a interpellé David Heurtel, ministre de l’Environnement, sur ce qu’il comptait faire pour la protection du boisé des Hirondelles. « Le 6 juillet 2015, le ministre de l’Environnement reconnaissait l’intérêt environnemental du boisé des Hirondelles pour le préserver de tout développement immobilier. La population de Saint-Bruno, les groupes environnementaux, le conseil municipal de Saint-Bruno sont contre ce développement immobilier. Surprise, on apprend la semaine dernière que le même ministre risque d’autoriser ce projet malgré tout. Coïncidence, le promoteur du projet, Paul J. Massicotte, est un sénateur libéral, méchant hasard. Le rôle du ministre de l’Environnement, c’est défendre les milieux naturels et les espèces menacées. Que va faire le ministre? Est-ce qu’il va défendre le patrimoine naturel ou défendre le patrimoine libéral? » a demandé au ministre Heurtel le député péquiste.

« Cela fait depuis septembre 2014 que j’ai signé un avis préalable d’ordonnance parce que justement le boisé des Hirondelles soulevait plusieurs questions. J’ai décidé l’an dernier d’assujettir ce projet à une autorisation ministérielle en vertu de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel. Nous sommes en train d’étudier les modifications qui ont été soumises par le promoteur à la suite de cet avis. Nous attendons de faire une analyse complète sur le respect de cette loi et si le député de Terrebonne a des preuves concrètes qu’une décision a été prise dans ce dossier, je l’invite à la déposer immédiatement », a répondu le ministre.

« Le ministre est en train de défendre un projet libéral indéfendable. À quatre reprises, la Ville de Saint-Bruno a tenté de parler au ministre sans aucune réponse de la part du ministère; par contre, le promoteur, lui semble, avoir un accès direct avec le ministre », a reproché au ministre le député.

« Si ce dossier est si important, pourquoi ne demandez-vous pas tout simplement à la Ville de Saint-Bruno d’acheter le terrain, à l’agglomération d’appliquer un règlement intérimaire pour changer le Schéma d’aménagement? Nous, nous allons nous assurer que la loi sur la conservation du patrimoine naturel soit respectée et nous allons nous baser sur la science pour le faire », a conclu David Heurtel.

Science et intérêts économiques s’affrontent en Montérégie

27 Avr

27 avril 2016

Par Eric-Pierre Champagne et Charles Côté, La Presse

Deux espèces en péril se heurtent à de puissants intérêts économiques en Montérégie, alors que des avis de scientifiques sont ignorés.

À La Prairie, malgré les avertissements des experts, des étangs artificiels créés pour protéger la rainette faux-grillon favorisent plutôt des prédateurs de cette espèce.

À une vingtaine de kilomètres de là, à Saint-Bruno, une plante rare, le ginseng à cinq folioles, est menacée par un projet immobilier. Un projet de transplantation est proposé, ce qui suscite les critiques des biologistes.

Des prédateurs pour la rainette

La Prairie a prévu un parc de conservation de 87 hectares et y a aménagé deux étangs. Le parc a été créé pour fournir un refuge aux rainettes et permettre le projet Symbiocité et ses 1400 habitations.

La Ville a obtenu toutes les autorisations du ministère de l’Environnement pour ce projet de 300 millions qui a fait disparaître un des derniers habitats de la rainette en Montérégie.

Isabelle Picard, biologiste et spécialiste des amphibiens, a inspecté la zone ce printemps. Elle estime que les étangs attirent plutôt les grenouilles vertes, les ouaouarons et les grenouilles léopards, trois prédateurs de la rainette faux-grillon, ce qui nuira à la conservation de l’espèce.

« J’ai vu des têtards de grenouilles vertes et même ces têtards seraient assez gros pour manger la rainette », dit-elle.

 

Le directeur général de La Prairie, Jean Bergeron, dit ne pas être informé de la situation, mais que des correctifs pourraient être apportés selon les analyses qui seront présentées au ministère de l’Environnement.

Alain Branchaud, directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Québec, est du même avis que Mme Picard : « A priori, ces étangs semblent être des pièges écologiques pour la rainette. »

Rien de surprenant : dès 2002, l’ancienne Société de la faune et des parcs, un service du ministère des Ressources naturelles, concluait que « l’aménagement d’étangs ne constituait pas une alternative valable » pour protéger la rainette faux-grillon, dont 90 % des habitats ont disparu en Montérégie.

En effet, l’espèce se reproduit dans de petits plans d’eau qui se forment au printemps et qui s’assèchent par la suite.

L’autre problème, selon Isabelle Picard, c’est la méthode dite de « phasage » prônée par le ministère de l’Environnement, qui consiste à permettre le « déplacement annuel et naturel » de la rainette vers le parc de conservation pendant les travaux menés par le promoteur.

Or, cette minuscule grenouille se déplace sur quelques dizaines de mètres seulement au cours de sa vie.

Les scientifiques d’Environnement Canada et ceux de l’équipe de rétablissement de l’espèce ont mis en doute l’efficacité de ces mesures dans plusieurs documents officiels.

De son côté, le ministère de l’Environnement du Québec n’est pas en mesure de prouver l’efficacité de cette technique.

« Je l’ai dit et je le répète, le phasage, c’est évident que ça ne marche pas, tonne Isabelle Picard. On préfère utiliser des mesures de compensation douteuses sans bases scientifiques seulement dans le but de laisser croire aux gens que l’on se soucie de la protection de la rainette. »

Transplantation risquée

Le projet La Futaie du sénateur Paul Massicotte, avec sa trentaine de maisons de luxe, se veut un modèle de respect de l’environnement, selon son porte-parole, l’urbaniste Bruno Bergeron. « On parle de maintien du couvert forestier, dit-il. Le promoteur s’impose ici des exigences environnementales hors du commun. »

Le projet doit être construit sur un terrain de 6 hectares, connu comme le boisé des Hirondelles, qui jouxte le parc national du Mont-Saint-Bruno. Cependant, au-delà du couvert forestier, l’enjeu de conservation le plus aigu sur le terrain est la présence de ginseng à cinq folioles.

Il ne reste plus que 50 populations viables de cette plante rare au Québec et celle du boisé des Hirondelles en fait partie.

L’été dernier, le ministère de l’Environnement a stoppé les projets du promoteur en invoquant la Loi sur la conservation du patrimoine naturel, du jamais vu sur un terrain privé.

Les biologistes du Ministère estiment que les plants de ginseng « font partie d’une occurrence se classant parmi les rares populations viables au Québec, ce qui lui confère un intérêt exceptionnel ».

Le projet La Futaie menace « directement » un tiers des plants et le Ministère demande de vérifier leur « potentiel de transplantation ». Les autres plants « risquent d’être indirectement, mais sévèrement affectés ».

On ignore si le ministère de l’Environnement compte autoriser cette transplantation. Selon certains experts, ce dernier recours serait approprié seulement dans les cas de projets d’utilité publique, ce qui ne serait pas le cas d’un groupe de maisons de luxe.

Pour la biologiste Tanya Handa, professeure à l’UQAM et vice-présidente de la Fondation du Mont-Saint-Bruno, autoriser le projet « serait un recul considérable pour la conservation au Québec ».

« Le Ministère a caractérisé cet habitat comme exceptionnel pour le ginseng, dit-elle. La notion de transplanter n’a aucun bon sens parce cela éliminerait le potentiel futur de survie de cette plante. »

Pour le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, Martin Murray, « c’est la solution la plus facile et la plus inacceptable ».

Feu vert de David Heurtel au développement dans le boisé des Hirondelles?

21 Avr

PUBLIÉ LE JEUDI 21 AVRIL 2016

Le reportage de Thomas Gerbet, Radio-Canada
Vidéo

Construire dans le boisé des Hirondelles?

21 Avr

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http://ici.radio-canada.ca/tele/le-telejournal-18h/2014-2015/segments/reportage/6535/boise-hirondelles-maisons-luxe-construction?isAutoPlay=1

Le statut d’«écosystème d’intérêt» retiré à la forêt des Hirondelles

7 Avr

9 avril 2016 – La Presse.ca – Charles Côté

L’agglomération de Longueuil se plie à la demande du sénateur Paul Massicotte et retire le statut d’« écosystème d’intérêt » à la forêt des Hirondelles, sur les flancs du mont Saint-Bruno.

C’est un nouvel épisode du feuilleton autour d’un projet domiciliaire controversé qui dure depuis 10 ans. Dans une carte présentée dans son projet de schéma d’aménagement, l’automne dernier, l’agglomération de Longueuil avait désigné le terrain comme un « écosystème d’intérêt ». Dans une nouvelle version de cette même carte et qui a commencé à circuler dernièrement, la désignation a changé pour « milieu à documenter ». Un terme qui fait bondir le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, Martin Murray : « Ne me dites pas que c’est à documenter ! J’ai l’équivalent d’un pied d’épais de documentation. C’est peut-être le milieu naturel le mieux documenté au Québec. » De leur côté, les dirigeants de la Fondation du Mont-Saint-Bruno se disent « perplexes et très inquiets » dans une lettre à la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, qui préside l’agglomération de Longueuil, et que La Presse a obtenu. Que s’est-il produit depuis le début de septembre ? D’abord, en novembre, la société Propriétés Sommet Prestige, du sénateur Paul Massicotte, a déposé un court mémoire à l’agglomération de Longueuil rappelant que l’ancienne administration du maire Claude Benjamin, à Saint-Bruno, avait donné son accord au projet. Puis, le 3 février dernier, les avocats de M. Massicotte ont sommé la mairesse St-Hilaire de changer le statut du terrain. « IL Y A UNE CRAINTE D’UNE POURSUITE » Pour le maire Martin Murray, Longueuil a clairement reculé devant les menaces du sénateur. « Ce qu’on peut comprendre, c’est qu’il y a une crainte d’une poursuite de la part des promoteurs, dit-il. Mais à ce compte-là, on ne fait plus rien. » Il va s’opposer le 21 avril prochain à l’adoption du schéma d’aménagement de l’agglomération si le statut de protection du terrain n’est pas rétabli. Il rappelle les nombreux objectifs de conservation fixés dans le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), notamment l’augmentation du couvert forestier. « On a comme collectivité le devoir d’être conséquent avec les objectifs du PMAD. Le schéma d’aménagement devrait être une façon de transposer le PMAD sur le terrain. Et actuellement, on fait l’inverse, on remet tout ça dans la cour des villes. » Selon Flavie Côté, chef de service, Affaires publiques à la Ville de Longueuil, le changement est intervenu pour une autre raison. « Le statut a effectivement changé, mais la Ville de Saint-Bruno doit exécuter ses travaux », notamment compléter son plan de protection des milieux naturels. Elle assure que le statut « à documenter » offre « le même niveau de protection ». Mais elle reconnaît en même temps que ce statut n’est « pas permanent » et que le sort du terrain repose maintenant entre les mains de la Ville de Saint-Bruno. L’urbaniste Bruno Bergeron, porte-parole du sénateur Massicotte, affirme que le projet de lotissement de maisons de luxe est toujours à l’étude au ministère de l’Environnement. « On a présenté une demande de certificat d’autorisation, on nous a indiqué que notre dossier était présentable, qu’il est complet depuis octobre dernier, dit-il en entrevue avec La Presse. On attend la réponse du ministre. » La conservation du terrain est une option possible, mais elle aura un coût, dit-il. « Un contrat lie la Ville à mon client pour la construction d’infrastructures et de rues. Ils peuvent revenir sur ce contrat, mais il faudra prévoir une compensation financière. »

10 ANS DE REBONDISSEMENTS

2006 : Le sénateur Paul Massicotte achète un terrain de six hectares adjacent au parc national du Mont-Saint-Bruno au Mount Bruno Country Club pour 1,9 million. Le zonage permet son lotissement. Février 2011 : Le maire Claude Benjamin, favorable au projet, estime à 6 ou 7 millions la somme qu’il faudrait débourser pour racheter le terrain à des fins de conservation. Une pétition en ce sens recueille 1600 signatures. Juillet 2011 : Après une consultation publique, le plan de conservation de la Ville de Saint-Bruno est jugé inacceptable, entre autres parce qu’il ignore la présence d’espèces menacées. Septembre 2011 : Un biologiste réputé de l’UQAM identifie des plants de ginseng à cinq folioles, une espèce menacée au Québec, sur le terrain du sénateur Massicotte. Décembre 2011 : L’administration Benjamin autorise les travaux de distribution d’eau et de voirie sur le terrain. Novembre 2013 : Martin Murray succède à Claude Benjamin. Octobre 2014 : Québec intervient dans le dossier pour protéger le ginseng, en invoquant « l’urgence d’agir ». Juillet 2015 : Québec assujettit le projet à la Loi sur les espèces menacées et vulnérables, une procédure exceptionnelle. Septembre 2015 :  L’agglomération de Longueuil désigne la zone comme « écosystème d’intérêt ». Mars 2016 : L’agglomération de Longueuil retire sa désignation